Cela vaut un Potosi

Le mardi 7 juin j’ai voyagé en bus de Sucre à Potosi avec mes amis anglais que j’ai rencontré en allant à Torotoro environ 2 semaines avant. Le trajet nous a coûté 20 Bolivianos chacun et a duré environ 4 heures. Une belle route goudronnée qui serpente entre les vallées et qui monte sur l’Altiplano.

Potosi est la ville la plus haute du monde, située à 4’060 mètres d’altitude au pied de la célèbre montagne d’argent : le Cerro Rico. Aux alentours du 17ème siècle, Potosi était la ville la plus riche et la plus grande du monde. Plus grande que Paris ou Londres. Les mines de Potosi ont été exploitées depuis le 16ème siècle pas les colons espagnols. Le Cerro Rico est connu pour être la plus grande réserve d’argent du monde. Depuis le depuis de l’exploitation, les mineurs disent qu’un pont d’argent aurait pu être construit de Potosi à Madrid seulement avec l’argent sorti des mines. Potosi était aussi la ville où les pièces d’argent de l’empire espagnol étaient frappées. Pour avoir plus d’informations là-dessus, je vous suggère de visiter la Casa de Moneda située vers la Plaza principale.

Pour être honnête, j’appréhendais beaucoup mon petit séjour à Potosi. C’est l’une des régions les plus pauvres de Bolivie et j’avais peur de voir ce que j’allais y découvrir. La semaine d’avan,t j’ai vu un film sur les mineurs de Potosi. Le nom du film est : The Devil’s Miner. C’est un film-documentaire sur une famille assez pauvre de Potosi et dont les deux garçons de 14 et 11 ans doivent aller travailler à la mine car leur père est décédé et que le revenu de la mère n’est pas suffisant pour vivre. C’est vrai que c’est un gros changement par rapport aux autres villes de Bolivie comme Sucre, Cochabamba et Santa Cruz. Mais j’ai été surprise en bien, le centre est vraiment joli, les rues sont petites et étroites. La ville n’est pas plate du tout, soit ça monte, soit ça descend et à 4’060 mètres d’altitude, c’est plus difficile de respirer.

Mercredi matin, Chris et Ian sont parti visiter une mine du Cerro Rico. Ils ont réservé depuis notre Auberge de Jeunesse qui s’appelait le Koala Den. Pour ma part, étant claustrophobe ce n’était vraiment pas une bonne idée d’aller les visiter et je n’avais pas vraiment envie. Du coup je me suis rendue à la fondation “Voces Libres” dans le quartier de San Cristobal. C’est un ami qui m’a envoyé quelques jours avant le lien et j’ai pris contact avec eux directement. C’est une fondation Suisse, basée à Genève et c’est avec eux que j’ai eu un contact par e-mail. Pour être honnête c’était un peu difficile de communiquer avec eux et savoir ce que je pouvais faire pour les aider car ils ne répondaient pas directement à mes questions et déviaient sur un programme de volontariat d’un mois au minimum. Si j’avais eu plus de temps et si j’avais eu vent de cette fondation avant, j’aurai sûrement fait le programme de volontariat mais je n’avais plus le temps de m’arrêter aussi longtemps dans un endroit.

Je me suis renseignée auprès d’une agence de tourisme à Potosi pour qu’il me trouve l’adresse du bureau dans la Ville :

Fundacion Voces Libres

Calle Delgadillo 120

Zona Cristobal

http://www.voixlibres.org

J’ai pris un taxi car le bureau est situé sur les hauts de la ville (où il y a une belle vue sur la ville et sur le Cerro Rico) et je m’y suis rendue par mes propres moyens. En arrivant, j’ai discuté avec plusieurs personnes et pour finir je fais un don de 50 dollars pour les enfants des mines pour qu’ils puissent aller à l’école et s’instruire au lieu de travailler dans ces tunnels de l’enfer. La fondation a ouvert une école, la Escuela Robertito por los niños del Cerro Rico. Plus de 100 enfants s’y rendent et peuvent ainsi apprendre pour ensuite, espérons-le, trouver un autre métier que mineur lorsqu’ils seront adultes. Je suis vraiment heureuse d’avoir fait ce geste et j’étais plus sereine en partant de Potosi qu’en arrivant. J’espère que d’autres personnes seront sensibles à cette cause.

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Saviez-vous que le Cerro Rico est surnommé la montagne qui mange les hommes ? Depuis le début de l’exploitation des mines au 16ème siècle, plus de 8 millions de personnes y sont décédées. Chaque mois, plus de 14 personnes meurent des mines. L’espérance de vie d’un mineur ne va que jusqu’à 35-40 ans. En général, ils meurent soit par les explosions de la dynamite ou soit par la maladie des mineurs, qui s’appelle la Silicose, c’est une maladie pulmonaire. Pour faire passer les douleurs, les hommes boivent de l’alcool à 96%. Je l’ai sentie et on dirait du white Spirit. Aujourd’hui, il y a plus de 300 kilomètres de tunnels, 17 niveaux différents, 500 entrées et plus de 15’000 mineurs y travaillent. Les conditions de travail sont affreuses. Il fait nuit, l’air est rare, il y a la poussière, a certains endroits il peut faire jusqu’à 50 degrés, il y a le danger des éboulements à tout instant. Il y a aussi le passage des wagonnets qui n’ont pas de freins et qui sont poussés à la force de l’homme et pèsent plus de 2 tonnes ! Bref, les mineurs ne savent jamais s’ils ressortiront vivants, chose affreuse pour les familles et bien-sûr pour eux.

Pour faire des visites touristiques des mines, vous ne pouvez pas y allez seul. Il est obligatoire d’avoir un guide. Le prix coûte environ 120 Bolivianos par personne pour une visite qui dure au total environ 4 heures de temps. En chemin, vous vous arrêterez au marché des mineurs, là vous devrez acheter des cadeaux pour eux. Large choix : feuilles de coca, dynamite (en vente libre à Potosi), de l’eau, de l’alcool et autre. Vous irez visiter la raffinerie, vous pourrez voir comment ils séparent le métal de la roche. Puis vous irez dans les mines pendant environ 2 heures. A l’intérieur, votre guide vous emmènera voir les mineurs à l’œuvre et “El Tió” le dieu des mines, vous devrez lui faire des offrandes. Avant d’entrer dans les mines, l’agence vous donnera un casque avec une lampe et des habits a mettre par-dessus les vôtres.

Mercredi après-midi avec Alice, nous sommes allées visiter La Casa de la Moneda (l’hôtel de la monnaie). C’est là que la monnaie des espagnols était frappée de 1773 à 1825, puis pour l’Argentine par exemple entre 1813 et 1815 et enfin pour la Bolivie jusqu’en 1951. La visite guidée est vraiment intéressante et je la recommande à tout ceux qui sont à Potosi. Vous pourrez découvrir les différentes machines utilisées suivant les différentes époques. L’architecture de la bâtisse est magnifique. Au total, il y a une superficie de 7’570 m2 et plus de 200 chambres. Par contre, je vous suggère de prendre des habits chauds car il fait froid, surtout en fin de journée.

Jeudi matin, Alice, Chris et Ian sont parti tôt pour Tupiza. Moi, je suis partie avec 3 autres personnes à Uyuni. C’est depuis cette ville que je vais faire le tour du plus grand désert de sel du monde jusqu’à San Pedro d’Atacama au Chili.


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